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26/02/2025

IVIG : un allié contre la fièvre en LAL ?

Hématologie Oncologie

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La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est le cancer pédiatrique le plus fréquent. Malgré les progrès thérapeutiques, les infections restent une cause majeure de complications et de décès. Environ 20 % des décès liés au traitement des cancers hématologiques pédiatriques sont dus à des infections, représentant plus de la moitié des décès non directement liés à la maladie.


Les traitements intensifs, comme la chimiothérapie, affaiblissent le système immunitaire, entraînant une baisse des immunoglobulines (IgG) et des lymphocytes B, essentiels à la défense contre les infections. Ce déficit immunitaire expose les enfants à des infections fréquentes, souvent accompagnées de fièvre nécessitant une hospitalisation. Ces hospitalisations répétées peuvent interrompre la chimiothérapie, augmentant ainsi le risque de rechute.


La prophylaxie par immunoglobulines intraveineuses (IVIG), utilisée avec succès chez les patients atteints de déficits immunitaires primaires, pourrait être une solution pour réduire le risque infectieux chez les enfants atteints de LAL. Cependant, l’efficacité et l’intérêt d’une telle approche dans cette population restent incertains, notamment en raison du risque potentiel d’effets secondaires.


Cette étude évalue l’impact de la prophylaxie par IVIG sur la réduction des hospitalisations pour fièvre, l’usage des antibiotiques et les interruptions de traitement chez les enfants atteints de LAL à risque intermédiaire.
 

À lire également : LAL, un combat en constante évolution


L’IVIG, un bouclier efficace contre les infections ?


177 enfants atteints de LAL à risque intermédiaire ont été inclus et répartis aléatoirement en deux groupes :

  • Un groupe recevant une prophylaxie par IVIG (0,7 g/kg toutes les 3 semaines, à partir du 22ᵉ jour après le diagnostic) ;
  • Un groupe contrôle bénéficiant des soins standards.

L’impact de cette prophylaxie a été mesurée en observant les variables de résultat suivantes : nombre d’hospitalisations pour fièvre, utilisation d’antibiotiques et adaptations de chimiothérapie liées aux infections.


Les enfants ayant reçu l’IVIG ont eu moins d’hospitalisations pour fièvre (206 vs. 271, p = 0,011), une réduction particulièrement marquée durant la phase de maintenance (100 vs. 166, p < 0,001). Les admissions pour fièvre avec hémocultures négatives, souvent associées à des infections virales, étaient également moins fréquentes (113 vs. 200, p < 0,001). Ces patients ont nécessité moins d’antibiotiques (78 vs. 137 traitements, p < 0,001) et moins d’adaptations de chimiothérapie (72 vs. 134, p < 0,001).


En revanche, la prophylaxie par IVIG n’a pas eu d’impact significatif sur le taux de rechute, la survie sans maladie ou la survie globale. Son principal bénéfice réside dans la réduction des infections et l’amélioration de la tolérance au traitement.
 


Moins d’hospitalisations, mais un bénéfice global limité ?


La leucémie aiguë lymphoblastique est le cancer pédiatrique le plus fréquent. Son traitement, basé sur des chimiothérapies intensives, fragilise le système immunitaire et entraîne une augmentation du risque infectieux, responsable d’une part significative des complications et des hospitalisations.

Les infections, en plus d’être potentiellement graves, peuvent perturber le protocole de chimiothérapie, augmentant ainsi le risque de rechute. Actuellement, les stratégies pour réduire ces infections restent limitées. Une prophylaxie par immunoglobulines intraveineuses pourrait constituer une piste thérapeutique solide.


Cette étude visait à évaluer si l’administration prophylactique d’IVIG pouvait réduire le nombre d’hospitalisations pour fièvre, limiter l’usage des antibiotiques et éviter les interruptions de chimiothérapie chez les enfants atteints de LAL à risque intermédiaire.


Les résultats montrent que l’IVIG réduit significativement les hospitalisations pour fièvre, notamment durant la phase de maintenance. L’utilisation des antibiotiques est diminuée, de même que les interruptions de traitement. Cependant, l’IVIG n’a pas amélioré les taux de survie ni réduit le risque de rechute.


Des recherches supplémentaires aideront à mieux identifier les patients pouvant tirer le plus de bénéfices de l’IVIG. Le risque accru de thrombose observé doit être évalué avant d’envisager une généralisation de cette prophylaxie. Les études futures devraient cibler les enfants les plus vulnérables aux infections, notamment ceux avec un déficit immunitaire, pour optimiser l’utilisation de l’IVIG et l’adapter aux profils les plus à risque.  

À lire également : Le poids au diagnostic : un allié ou un frein ?



Source(s) :
Thus, K. A., et al. (2025). Immunoglobulin prophylaxis prevents hospital admissions for fever in pediatric acute lymphoblastic leukemia: results of a multicenter randomized trial. Haematologica, 110(1), 47–54 ;

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